Festival #6

Prière de toucher

accès(s), qui depuis six ans promeut les cultures électroniques sous toutes les formes de la création contemporaine, met cette année l’accent sur la place de la sensibilité dans notre vie, aujourd’hui. Le développement rapide des nouvelles technologies a engendré de profondes mutations culturelles. Les ordinateurs ont transformé notre manière de vivre. Non seulement notre rapport au monde mais aussi au corps. Une fois dépassé le mythe moderne de la machine où le corps était appelé à devenir un super robot, nous voilà à l’ère post-moderne de l’intelligence artificielle au service du corps sensible. Les nouvelles technologies ne sont plus un idéal mais une norme, notre réalité quotidienne. Si l’on ne rêve plus de vivre dans l’espace en portant les uniformes de Star Trek, notre rêve éveillé est celui d’un monde incarné mais assisté par ordinateur. Par cultures électroniques, nous entendons une autre manière de voir, d’écouter, de goûter, de toucher, de sentir. L’année dernière, nous avons montré les limites des plaisirs artificiels, l’espace de liberté que les artistes ont su conquérir face à la machine et à la société de consommation. Quittons à présent les plaisirs synthétiques pour des étreintes plus charnelles. Il ne s’agit plus de représenter la figure humaine sous forme de simulacre, mais d’investir un art - devenu empirique - par le corps du « spect-acteur ».

Cette ligne éditoriale déclinée sur la période 2005-2006, et ventilée en trois temps forts, a pour vocation de faire redécouvrir au public la dimension historique, culturelle et politique de cette rencontre inédite de l’art et de la technologie. Loin des clichés d’une boîte noire hermétique, froide et inhumaine, le matériau numérique réinvestit de toute part le champ du sensible. Certaines installations atteignent des dimensions colossales propices à l’immersion et à la multisensorialité. Les œuvres ne sont plus seulement à voir et à entendre mais à habiter. Le processus prime sur l’objet et une relation d’interactivité s’instaure entre l’œuvre et le public désormais indissociables. Les cultures électroniques sont transversales : l’art est partout sans être clairement identifiable.