D’un soleil à l’autre

Base sous-marine, Bordeaux

9 Mars 19 Mai 2019
18:30 ↦ 19:00

« D’un Soleil à l’autre » est un parcours d’exposition conçu par Charles Carcopino. Initié à la Base sous-marine de Bordeaux du 9 mars au 19 mai, ce voyage poétique dans l’espace en hommage aux cinquante ans de la mission Apollo, s’achèvera lors de la 19ème édition du festival accès)s( à Pau et son agglomération.

Inauguration le vendredi 8 mars à 18h

Ouverture du mardi au dimanche, de 13h30 à 19h

Plein tarif : 5€, tarif réduit : 3€

Entrée gratuite tous les premiers dimanches du mois

T. 05 56 11 11 50

Base sous-marine

Boulevard Alfred Daney
33000 Bordeaux

ER=EPR
Evelina Domnitch et Dmitry GelfandRU

Installation, 2010

Dans l’installation ER=EPR, deux vortex, mouvements de fluides tourbillonnant autour d’un même axe, dérivent dans une masse d’eau, frappant la surface, une lumière projette au-dessus de nous deux trous noirs encerclés de halos chatoyants. Dès que le lien entre les vortex se rompt, les tourbillons se dissipent. Le titre de l’oeuvre fait notamment référence à une hypothèse récente proposée par les cosmologues Juan Maldacena et Leonard Susskind s’appuyant sur deux articles écrits au XXe siècle. Le sigle « EPR » désigne la théorie de l’intrication quantique élaborée et présentée en 1935 par Einstein, Podolsky et Rosen, qui se définit comme un phénomène physique par lequel deux objets distants se retrouvent liés et dépendants l’un de l’autre quelle que soit la distance qui les sépare. Tandis que « ER » évoque la théorie dite du « Pont Einstein et Rosen » théorisant les « trous de ver », objets hypothétiques qui formeraient un raccourci à travers l’espace-temps et permettraient un voyage spatio-temporel. Une invitation à l’exploration d’autres mondes possibles…

Hydrogeny
Evelina Domnitch et Dmitry GelfandRU

Installation électrochimique, 2010

Au travers d’installations et de performances hypnotiques, Evelina Domnitch et Dmitry Gelfand créent des environnements sensoriels immersifs mêlant physique, chimie et informatique. Animé par la nécessité de comprendre le monde qui nous entoure et de nous en faire observer toute sa poésie, le duo d’artistes puise son inspirationdans le domaine scientifique et sublime par les arts visuels des phénomènes physiques qui nous sont habituellement imperceptibles. Si la lumière est centrale dans leur processus de création, l’eau est également présente dans l’installation Hydrogeny qui offre à voir les réactions de l’hydrogène au contact d’une électrode et d’un rayon laser dans un aquarium rempli d’eau déminéralisée. Sous l’effet de l’électrolyse, des milliers de petites bulles remontent lentement à la surface, traçant des volutes irisées et colorées. 

Supernova
Félicie d’Estienne d’OrvesFR

Installation audiovisuelle, 2010

L’installation met en scène le cycle de vie de la supernova Cassiopée A : l’explosion de l’étoile, la naissance de la matière, sa propagation et son expansion en fréquences lumineuses et sonores. Provoquée par l’effondrement gravitationnel d’une étoile massive soufflant ses couches extérieures, Cassiopée A a libéré une telle énergie qu’elle aurait été vu en 1680 depuis la Terre, l’un des rares phénomènes astrophysiques visible à l’œil nu. Cette « nouvelle étoile » observée à l’époque par l’astronome danois Tycho Brahé a fortement remis en question le modèle aristotélicien d’un univers constant.

Réalisé en collaboration avec Fabio Acero, docteur en astrophysique. Musique de Laurent Dailleau.

Continuum
Félicie d’Estienne d’OrvesFR, Eliane RadigueFR

Installation audiovisuelle, 2018

Longtemps on a espéré la vie sur Mars, et quoiqu’il n’y en ait pas, la quatrième planète du système solaire demeure une source d’inspiration. Mars est un symbole de l’extra-terrestre, une métaphore de l’altérité.

Dans Continuum, Félicie d’Estienne d’Orves a imaginé un film en hommage à la pionnière de la musique électronique Éliane Radigue (née en 1932). Son installation immersive réalisée à partir d’images prises par les sondes de la NASA montre un coucher de soleil sur Mars d’une heure environ accompagnant Koumé (1993), la troisième partie de Trilogie de la mort, œuvre de la compositrice inspirée du Bardo Thödol, ou le Livre des morts tibétain. Le bardo constitue dans le bouddhisme tibétain ces limbes entre la naissance et la renaissance, l’éveil et le sommeil.

Le paysage martien conçu par Félicie d’Estienne d’Orves évolue à travers différentes phases de couleurs, déployant des ciels allant progressivement de l’orange au bleu jusqu’au crépuscule, à rebours de notre coucher de soleil terrien. La composition minimaliste d’Éliane Radigue fait écho à ces champs monochromes, tenant en un seul souffle, profond. Le temps et l’espace ne sont alors que rêve et, telle une brume, se dissolvent dans le visuel et le sonore. Continuum joue avec l’idée d’illusion optique et cosmique : sur Terre comme sur Mars, le soleil ne se couche jamais.

Sean Rose, écrivain et critique d’art

OMG
LAb[au]BE

Installation, 2018

Dans le cadre de l’exposition D’un soleil à l’autre, LAb[au] dévoile une installation inédite qui capture les rayons cosmiques, particules de haute énergie circulant dans le milieu interstellaire, pour les rendre visibles et audibles. 

OMG fait ainsi référence à la particule « Oh My God », rayon cosmique d’ultra haute énergie. Invisibles à nos yeux les rayons cosmiques traversent notre atmosphère, les roches et les bâtiments. Ici ils sont capturés et mesurés grâce aux tubes Geiger-Müller suspendus dans la salle. Instruments de mesure inventés au XXe siècle, ils permettent de transcrire les niveaux d’énergie des rayons cosmiques en sons diffusés ensuite dans l’espace d’exposition. Chaque capteur est relié à un tube cathodique, familier pour ceux qui se souviennent des anciens postes de télévision, émettant un halo lumineux bleu et rouge fluorescent dont l’intensité varie selon l’énergie des rayons cosmiques. 

L’installation rend ainsi visible l’invisible, un sentiment d’autant plus troublant que les murs en béton armé de la Base sous-marine, épais de plusieurs mètres semblent tout arrêter, même le temps.

Flat Earth Society
ART OF FAILUREFR

Installation, 2008-2011

Avec Flat Earth Society, le duo d’artistes traduit les données topographiques du globe terrestre en vibrations sonores en faisant graver sur un disque vinyle les informations d’altitudes et de reliefs. Les rotations du disque lisent progressivement les reliefs des continents : y figurent les Alpes, les Andes, l’Himalaya, les steppes d’Asie centrale, la vallée du Rift… La gravure de ces informations fait apparaître une image de la Terre sur la surface du disque, le titre évoque alors les platistes qui défendent le fait que la terre soit plate. 

Storm - Square
Eva MedinBR

Installation immersive in situ, 2019

Invitée à produire une oeuvre dans le cadre de l’exposition D’un soleil à l’autre, Eva Medin crée avec Storm - Square un univers à la fois inquiétant et fascinant, sous la forme d’un paysage jouant sur des effets lumineux, aquatiques et sonores. Les infiltrations d’eau présentes dans la Base sous-marine deviennent la matière première pour créer un espace évanescent ouvrant sur un paysage infini, mélancolique et fantasmagorique. 

Déployant un vocabulaire du théâtre, du cinéma et du trucage, Eva Medin transforme cet espace en un diorama (installation qui, à partir de jeux de lumière, donne l’illusion de la réalité et du mouvement), que le public est amené à expérimenter de différents points de vue. 

Space Odyssey
Etienne ReyFR

Installation audiovisuelle, 2015

Immersive et déroutante, Space Odyssey bouleverse notre rapport à l’espace et au temps. En nous plongeant au coeur d’un faisceau lumineux, cette installation nous situe dans un espace dans lequel les distances deviennent élastiques, l’équilibre précaire et les points de vue démultipliés. Le travail d’Étienne Rey explore les notions d’espace, de déplacements et de perception et met en jeu dans ses installations les phénomènes physiques à partir de la matière lumineuse.

La traversée de Space Odyssey, en référence au film de Stanley Kubrick de 1968 est un voyage dans un espace constitué de lumière et de son, un passage sensoriel et immersif dans lequel le visiteur est invité à déambuler. En offrant la possibilité de vivre une expérience à la fois physique, mentale et conceptuelle, Étienne Rey interroge nos sens et poursuit ainsi les travaux expérimentaux des artistes de l’art optique et cinétique initiés au XXe siècle. 

Brilliant noise
SemiconductorGB

Installation audiovisuelle, 2006

Brilliant Noise est le résultat d’un long travail d’étude, de recherche et de collecte. Après avoir examiné et rassemblé une multitude d’archives informatiques provenant de satellites orbitaux et rendues accessibles par la NASA, Semiconductor réunit des images inédites pour recréer les mouvements de l’astre solaire. Ces images, conservées dans leur forme originelle et brute, révèlent une surface solaire tourbillonnante. Source d’énergie puissante et infinie, le Soleil y est montré telle une constellation de champ de force entre éruptions, vapeurs et gaz dansant à sa surface. La bande son, très présente, intensifie cette force cosmique. 

Par la création de connexions entre la matière, le son et l’image, le duo d’artistes brouille les distinctions entre phénomènes perceptibles et imperceptibles et nous place comme observateurs d’un univers en perpétuel bouillonnement.

The Last trip
Flavien ThéryFR

Installation, 2017

Portant un intérêt particulier pour les relations entre art et science, Flavien Théry tire son inspiration des expériences emblématiques d’exploration interplanétaires et pose avec son installation The Last trip la question d’un imaginaire spatial perdu. 

Dès la fin du XIXe siècle, les astronomes préconisent l’utilisation de la lumière et de l’électricité pour communiquer avec les extraterrestres. C’est l’inventeur Charles Cros qui théorise une véritable méthode de codage du contenu en flash lumineux. Ici, le rythme des impulsions lumineuses qui parcourent la barre de verre, composée d’uranium, correspond aux sons, musiques et paroles enregistrés sur le Voyager Golden Record. Ce disque a été embarqué sur les sondes spatiales Voyager lancées en 1977 (et qui poursuivent aujourd’hui leur course aux frontières du système solaire) pour témoigner de l’humanité, communiquer et signaler notre présence à une potentielle civilisation extraterrestre. 

Les sondes Voyager, telles des « bouteilles à la mer interstellaires », constituent aujourd’hui une trace de notre existence terrestre perdue dans l’espace. 

Inverted relief
Flavien ThéryFR

Installation, 2016

Avec l’installation Inverted relief (The Candor Chasma’s flying carpet), Flavien Théry offre aux visiteurs la possibilité d’observer au plus près le sol martien. 

Réalisée à partir d’une image satellitaire de la planète Mars issue de la banque de données de la NASA, la tapisserie a été conçue par les ateliers d’Aubusson grâce à un procédé numérique. Pouvant être lue et parcourue en tous sens, l’image se révèle de manière inversée une fois que le visiteur se munit de lunettes anaglyphes : ce qui était alors saillant devient creux et inversement. 

Le titre de l’oeuvre, Inverted relief (relief inversé) fait ainsi référence à un phénomène géologique, l’inversion du relief, causé par l’érosion des reliefs qui conduit les sédiments situés au fond d’une vallée à se retrouver des millions d’années plus tard en relief et surplombant le paysage. 

D’un soleil à l’autre
Stéphane ThidetFR

Installation, 2016

Plongé dans l’obscurité, le visiteur fait face à deux gongs vibrant au gré des fréquences émises par le Soleil, transcrites grâce à une connexion Internet, traitées et filtrées par un programme informatique et retransmises par des audio-transducteurs. Attractifs, presque hypnotiques, ces deux disques de bronze lumineux produisent un chant qui varie d’intensité au fil des heures et des saisons. Souhaitant travailler avec le monde qui nous entoure et jouer avec les forces de la nature, Stéphane Thidet se réapproprie les éléments naturels pour leur donner une forme simple et épurée. Avec l’installation D’un soleil à l’autre, il s’attache à brouiller les pistes de la réalité en donnant à entendre des éléments non saisissables et maîtrisables comme les ondes électromagnétiques du Soleil et en proposant ainsi une vision teintée de poésie. 

Remerciements : Jim Sky - Radio-Sky Publishing - Dick Flagg - RF Associates LLC