Line describing a cone, McCall
Anthony McCallGB

Projection

20 Nov. 2000
17:30 ↦ 19:00
Entrée libre

École Supérieure d’Art des Pyrénées

25 rue René Cassin
64000 Pau

Line describing a cone
Anthony McCallGB

« Ce film existe uniquement au moment présent, au moment de sa projection. C’est le premier film dont l’existence est réelle, dans l’espace à trois dimensions. L’espace, le temps dans lesquels il se déroule sont réels et non fictifs. Pour le voir, il n’y a pas de place privilégiée, chaque place révèle un aspect différent. Le spectateur peut se déplacer autour de la forme lumineuse qui émerge lentement, et ainsi participer au spectacle. » (A. McCall).

Anthony McCall réalise au cours des années 1970 une série de films de « lumière solide », qui pose les bases d’un nouveau «cinéma géométrique » et inaugure une création expérimentale nourrie à la fois de la scène artistique et de la création cinématographique. Line Describing a Cone, est, dès 1973, emblématique des recherches de l’artiste. Avec ce premier Solid film, et selon un principe d’économie de moyens, Anthony McCall affirme la spécificité du cinéma dans ses propres composantes, à savoir le phénomène de projection lui-même, et privilégie une dimension à la fois performative et processuelle (l’œuvre s’énonce telle qu’elle est et s’expose telle qu’elle devient).  À la différence des premiers Solid films, les installations récentes d’Anthony McCall sont réalisées non plus à partir de formes géométriques simples, mais de combinaisons de lignes et de courbes sinusoïdales oscillantes.

Ces films, à travers des formes plus complexes et irrégulières, impliquent un processus de visualisation différent par rapport à Line Describing a Cone, notamment : mémorisation de ce qui s’est passé et anticipation de ce qui va se produire. Le changement de motif s’accompagne de l’adoption d’un nouveau mode de projection. Les premiers films étaient directement tracés à la surface de la pellicule au moyen d’un stylo bille, d’un compas et de gouache blanche. Aujourd’hui, les films d’Anthony McCall ont une dimension technologique. L’artiste utilise des logiciels de design : pellicules et projecteurs 16 mm ont été troqués contre fichiers numériques, ordinateurs et vidéo projecteurs.

Les films d’Anthony McCall ne se réduisent pas à l’élucidation de leur propriété formelle : les « sculptures » apparaissent en réaction au lieu d’exposition. Le spectateur fait alors l’expérience de la lumière – une expérience matérielle. Il est invité à frôler le faisceau, lui tourner autour, le traverser et à aller se glisser en son centre. Pour que l’expérience soit totale, elle doit être à la fois intérieure et extérieure.