Synesthésique Plaisir

Concert

3 Déc. 2004
21:00 ↦ 23:00
Entrée libre

Anciens abattoirs de Billère

Allée Montesquieu, 64140 Billère

Electroacoustique sur canapé
MAINGB

Concert

Robert Hampson est une personnalité majeure de la musique de ces 20 dernières années. Dans les années 80, il joue dans le groupe Loop, proposant un rock répétitif et psychédélique, puis rejoint le groupe Godflesh le temps d’un album. Cependant, c’est avec son projet solo Main que son intérêt pour la création sonore prend toute son ampleur. S’intéressant à ses débuts aux sonorités issues de la guitare, pour en tirer des nappes ambient, son travail s’affûte au fil des années pour arriver, sur ses dernières productions, à une musique qui apparaît comme l’hybride parfait entre de l’ambient et des expérimentations électroacoustiques. L’extrême minutie du travail sonore et des structures, la profondeur des espaces musicaux, permettent la création d’un univers très personnel et passionnant. Il a collaboré avec des artistes comme Antenna Farm, Janek Schaefer, et entame une collaboration avec le compositeur Christian Zanési (GRM).

Performance sonore
ETANT DONNESFR

Concert

Etant Donnés est un duo de Eric et Marc Hurtado créé à Grenoble en 1980. De cette ville française, il devient rapidement international, particulierèment en Europe. Nés respectivement en 1959 et 1962 à Rabat au Maroc, ces deux frères ont choisi et l’oralité et l’écriture, avec un verbe clair, sémantique, mais sans les poids d’une grammaire.

C’est avec eux le volume de chaque mot qui devient une sculpture-objet accompagnée de la puissance de leurs corps exprimant leurs voix.

Chaque intervention est le cri - voire le glissando - de la force du mot qui, abrupte, devient parfois un roc, une surface solide, nullement fluvial e comme l’est l’histoire d’un récit, d’un roman, d’une épopée poétique. Avec eux deux, plus de trace des prosodies anciennes, plus de trace de l’incompréhensible Sainte-Beuve qui pouvait affirmer : "Je dois recueillir un volume de prose". Le mot, la voix, le volume font corps, et nous font découvrir un théâtre que le théâtre d’habitude ignore, ce qui lui donna une Fin de partie d’un Samuel Beckett. A l’écoute de Aurore, CD de nos deux acteurs, il y a de plus, sans doute l’influence du berceau méditerranéen, à la fois cordon ombilical de deux grandes religions, l’influence des mondes latins et arabes - parfois des brèves et longues gaëliques - tant leurs dictions sont une synthèse de plusieurs origines.

S’ajoutent à leurs violences, a leur finesse sensuelle souvent dans ces découpes des mots, à leur nudité ou leurs lumières- voire grimées - les prises en compte d’hommes nus qui n’ont plus besoin des costumesconventionnels, des artifices des scènes traditionnelles. Ce que j’ai ressenti à l’écoute d’Aurore se voit confirmé par Patrick Bossati, en mai 1992, dans cet extrait : "Poésie, cinéma, son, scène, ces deux-là font tout avec une espèce de rage qui laisse pantois. Leur son, par exemple, ample, grave et apocalyptique, composé à partir d’éléments naturels amplifiés, frappe de stupeur celui qui écoute. Leur art est en tout point sidérant, au sens du XVle siècle où ce mot signifiait : ’influencé par les astres’. Leur musique est une radioscopie du chaos de l’univers et de la matière. "

Texte : Henri Chopin

Mégalodrame synthétique
Martin RevUSA

Concert

Martin Rev et Alan Vega ont sorti leur premier album du nom de leur groupe Suicide en 1977. Il s’agissait d’un mélange étonnant entre les sons minimaux du clavier de Rev et les semonces sous forme de beats de Vega. Cette fusion a donné naissance à un des albums les plus influents de cette époque. Suicide prit l’attitude et la belligérance de la scène punk new yorkaise de la fin des années 70 et la canalisa pour devenir un courant d’avant-garde électronique. Les performances Live du duo étaient réputées grâce aux insultes de Vega proférées contre les spectateurs et les séquences claviers rudimentaires de Rev. Ils naviguaient dans leur propre domaine musical, travaillant sur une synergie dynamique entre l’art et la musique électronique à la manière des punks industriels du Velvet Underground.

Sucide a recommencé à tourner en 2001 et 2002 après la sortie de « American Supreme », plus de dix ans après leur dernière production. Incités par l’intérêt d’une nouvelle génération d’auditeurs fascinés par le son électronique des années 70 , Martin Rev réédita ROIR, son premier album avec 5 bonus tracks. L’album est simpliste et peu raffiné, mais intéressa instantanément les amateurs d’art et d’esthétique. Rev signa avec File 13 Records en 2003 et sortit un album complètement nouveau en Septembre de cette année là, nommé « To Live ». Cet album comprend les aspects des productions de Martin Rev, avec des vocaux moins provocant que ceux de Véga, évoluant de l’électro-rock vers des sonorités plus basiques de claviers atypiques.