Voyage au pays de la quatrième dimension

Exposition

17 Jan. 17 Fév. 2006
15:00 ↦ 19:00
Entrée libre

Une proposition d’accès)s( , en partenariat avec le Pôle Culturel Intercommunal et l’Aidec, dans le cadre de « Regardez une saison d’art contemporain en Béarn ». Oeuvres de la collection FRAC Aquitaine.

Vernissage le 16 janvier à 19h

Anciens abattoirs de Billère

Allée Montesquieu, 64140 Billère

Présentation

Les grands bouleversements du xxe siècle ont fini par lasser. Après la succession des tables rases, l’art contemporain a fait une large place au silence, au vide, à l’imperceptible. En un mot à l’immatériel. Ce qui émerge n’est pas une nouvelle révolution mais une autre manière de s’éprouver dans l’espace et le temps sous des formes éminemment personnelles. Notre monde ne repose plus sur la vitesse, son tempo est pareil au mouvement perpétuel et sa couleur se conjugue au pluriel.

À travers un choix serré d’œuvres emblématiques, Voyage au pays de la quatrième dimension est une invitation à un « voyage » dans des univers particuliers. La tension intérieure et l’aspiration à un dépassement des limites de temps et d’espace permettent à chacun de se confronter à des questions universelles. L’exposition devient rencontre et le spectateur entame un dialogue qui n’appartient qu’à lui.

Cellule n°2
Eshel Meir, dit AbsalonIL

« Ces cellules sont en effet des formations dans l’espace qui ont de forts liens avec l’architecture moderniste et avec le minimalisme. Elles ont été créées par Absalon (1964, né á Ashdod / Israël, 1993, décédé à Paris / France) entre 1987 et 1993. Entre sculpture, design, architecture et urbanisme, les compartiments d’Absalon – uniformément recouverts d’une couche de peinture blanche – jouent sur une combinaison d’unités modulaires pour imposer l’idée de clôture spatiale et de suspension temporelle. Ces constructions qui sont localisables entre spatialité réelle et imaginaire, fonctionnent en tant que métaphores pour des lieux minimaux qui s’assurent par leur existence physique, mais qui en même temps interrogent cette propre existence à travers leur conception et leur réalisation. Les principes formels de construction renvoient plutôt vers la dissolution ou la négation de ces cellules. Cela se manifeste à travers la surface lisse, uniforme et blanche, identique à l’intérieur comme à l’extérieur et non hiérarchique.

Les cellules reflètent des systèmes collectifs et sociaux d’ordre et de fonctionnement, articulant en même temps des fantasmes individuels de recul ainsi que des besoins de démarcation. Bien que les « cellules » n’ont pas forcément été construites en tant qu’espaces fonctionnels, l’idée d’une utilisation potentielle leurs est immanente. Déjà le terme de cellule implique une multiplicité optionnelle basée sur l’universalité uniforme et la réduction. » Ulrike Kremeier

Marée Mauve
Martine AballéaUSA

Photographie numérique

Photographie couleur, 1998.

Un cliché frontal d’un bord de mer houleuse, colorisé par ordinateur, accompagné du titre « Marée Mauve » en typographie souple, mais ferme. Par son aspect irréel, cette œuvre ne peut qu’attirer l’oeil trop habitué à subir des images plus ou moins agressives du quotidien.

Returning
Robert BarryUSA

Installation visuelle

Projection en continu de 10’8’’ de 81 diapositives, couleur et noir et blanc. La projection se fait en boucle et suit un ordre et un temps rigoureux : noir/image/noir/texte/noir/image…. L’obscurité a un rôle très important (intimité, attention et liberté). A intervalles réguliers, elle crée une situation d’attente.

Violons brûlés
ArmanUSA

Sculpture

Violons brûlés et collés sur panneau de bois aggloméré. L’artiste s’empare de l’objet pour ironiser sur les institutions et tenter de renverser l’ordre symbolique et économique préétabli. Il casse, brûle, accumule.

Arman est un artiste majeur du mouvement nouveau réaliste. Il ne cesse d’interroger le spectateur avec ses désirs d’aller au delà de la présentation normale du simple objet manufacturé. La destruction est une de ses méthode pour percer le mystère de ces objets familiers.  La destruction comme la découpe sont paradoxalement pour Arman une étape vers la création d’oeuvres. Arman a pratiqué le Judo avec son ami Yves Klein, il l’a même enseigné dans une école à Madrid, il y a donc pour Arman un engagement personnel de son côté violent. Il ne s’agit pas de détruire froidement mais bien de laisser la rage sortir. Avec la philosophie et la rage du Judo, Arman détruit avec art, afin d’approcher les objets d’une autre façon, de les analyser.

Ombres
Christian BoltanskiFR

installation

 Quatre plots en terre, plume, écorce, carton, métal, tissu, bois, fil de fer, ventilateur et projecteur.

L’artiste propose des environnements dans des espaces clos animés par des petites créatures composées de carton, de bois, de plume, d’écorce, suspendues à des fils de fer et éclairées par des projecteurs. Un ventilateur placé au sol les anime créant ainsi une sorte de théâtre magique.

Inspiré du dispositif traditionnel des ombres chinoises, le Théâtre d’ombres apparaît dans l’œuvre de Christian Boltanski dès 1984, succédant aux grandes formes découpées des Compositions théâtrales (1980).
L’ombre et sa projection associées au thème des marionnettes suggèrent de nombreuses évocations issues de toutes les cultures et mythologies - le Golem, la Kabbale, la caverne platonicienne, le récit des origines de la peinture chez les Grecs par le tracé des contours d’une ombre, la danse des morts des Mystères du Moyen Âge, l’impression photographique…

Amour aveugle
Geneviève CadieuxCa

Photographie

Photographie cibachrome, bois et Plexiglas. Diptyque

Photographies monumentales, enchâssées dans des cadres en bois. Le dispositif d’accrochage est clairement défini : les yeux et la bouche doivent se faire face. L’illusion du mouvement, distillée par l’immensité de la bouche, provient de la superposition de plusieurs images de lèvres prises à des moments différents. Il y a une tentation surréaliste et mystique dans ce travail, que la technique du gros plan ne parvient pas à retenir.

An American Family: a rejected commission
Michaël Clegg et Martin GuttmannIE IL

Photographies

cibachrome laminée sous Altuglas.

Portrait officiel ou d’apparat qui dénonce une forme de pouvoir, celui que Régis Durand a ainsi décrit : « Le pouvoir, c’est le signe du pouvoir ». Grâce à tous les éléments constitutifs du portrait de commande – décor, accessoires, lumière, pose, geste, vêtement- Clegg et Guttmann mettent en scène les modèles et révèlent, avec cynisme, le goût pour le jeu social et les apparences.

Si certaines de leurs œuvres ont été commanditées par des groupes de personnes souhaitant être «représentées» par l’image d’eux-mêmes, Clegg et Guttmann ont fait appel, au départ, à des acteurs qui se servent de ces codes préétablis. Ils adoptent, de façon exagérée et conventionnelle, les postures, les regards et les règles vestimentaires de ceux qui utilisent ce vocabulaire dans leurs vies, renforcé par la présence d’objets et d’accessoires caractérisant les richesses. Ce désir d’être représenté et de posséder cette représentation de soi-même constitue une signification universelle

Sans titre (Marabout)
Claude CloskyFR

Installation

Impression noir en  sérigraphie sur papier.

«Sans titre (Marabout)» correspond à la forme murale d’un livre que l’artiste a édité en 1995. Prenant, cette fois, la forme d’un papier peint qui recouvre totalement le mur, celui-ci présente sur toute sa surface une séquence de mots et d’expressions qui s’enchaînent selon le principe du jeu d’enfant : «marabout, bout de ficelle, selle de cheval…». Ces lés de papiers sérigraphiés en noir forment un mur de mots. Ces mots sont organisés selon le principe d’une rengaine enfantine bien connue. A s’y attarder, les mots, un à un, deux par deux, peuvent devenir formes.

Sans titre
Claude LévêqueFR

Installation néon

Des néons rouge vif reprennent le dessin d’un labyrinthe, lequel ressemble étrangement à un cerveau. La lumière inonde le lieu d’exposition, les néons clignotent et grésillent , hypnotisent le regard, aveuglent.

Le travail de Claude Lévêque oscille entre fragilité, répulsion, séduction et violence. Récurrent chez l’artiste, l’usage du néon répond à ce caractère ambivalent. Écriture de lumière, le néon est cassant, agressif et évoque l’aliénation urbaine. C’est dans ce matériau que l’artiste a dessiné avec Pulsions le schéma en coupe verticale des vaisseaux sanguins irriguant le cerveau, là où tout débute. L’œuvre trouve ici une résonance toute particulière par son intérêt pour l’espace mental, l’évocation d’un rapport nerveux à la vision. Le néon de Lévêque se veut  une représentation du corps tendant vers l’abstraction,  tandis que son incandescence joue formellement.

Mes jalousies
Annette MessagerFR

Photographies

29 photographies noir et blanc retravaillées au crayon à papier et stylobille.

Au travers son oeuvre, Annette Messager endosse avec ironie une grande diversité de rôles qu’elle s’attribue tour à tour : « Annette Messager artiste » et ses oiseaux empaillés (1971-72) ; « Annette Messager collectionneuse » et ses 56 albums dont est issue la série Mes jalousies (également : Le Mariage de Mlle Annette Messager, Les Hommes que j’aime/j’aime pas, Les tortures Volontaires, Ma collection de proverbes…) ; « Annette Messager femme pratique » et sa réalisation appliquée de tâches domestiques (1974), « Annette Messager truqueuse » et son corps retravaillé par des jeux en trompe l’oeil (1975) ; « Annette Messager colporteuse » et ses contrées fantastiques (1982). 

Annette Messager développe ses œuvres sous la forme d’une autobiographie fictive renouvelée en permanence. La vie dont elle nous fait part n’est pas la sienne mais bien celle que nous voulons bien voir. A travers ses œuvres, elle se crée une nouvelle vie, une nouvelle identité tournée vers le féministe. Annette Messager est tout sauf une bonne ménagère, elle s’invente une personnalité, une image différente de la réalité. Ses Album-collection décrivent ainsi l’ensemble des stéréotypes liés au rôle de la femme dans la société. Ces projet se complètent et se font échos, unis par la vocation non dissimulée d’explorer les abymes de la condition féminine.

September 13
Duane MichalsUSA

Photographie

Séquence de six photographies noir et blanc.  

Cette séquence d’images est pour l’artiste une projection dans l’avenir. Il est ce personnage vieilli qu’un jeune homme guide jusqu’à la fenêtre. La solitude, le vieillissement, la déchéance hantent les songes de l’artiste.

Cette pièce fait partie de la série des séquences et des photo-textes. "Avec les premières, Duane Michals remet en discussion le sacre de l’image unique en construisant des photo-histoires composées de plusieurs images, ce qui marque une contestation de l’autonomie et de l’autosuffisance de l’image fixe isolée. De plus, avec les oeuvres sur lesquelles il apporte des textes plus ou moins longs, rigoureusement écrits à la main, il refuse la conviction qu’une photo parle plus que mille mots, idée chère à la photographie traditionnelle de son époque". Enrica Viganò

Lisa Lyon chez elle, Venice, Californie
Helmut NewtonDE

Photographie

Photographie noir et blanc représentant la championne du monde de body-building dans sa salle de gymnastique. Lisa Lyon apparaît ici comme une géante, puissante et dynamique. Ce corps qu’elle façonne par des exercices répétés laisse transparaître une beauté animale.

Sulfureux, Newton a cherché à restituer la beauté, l’érotisme, l’humour, parfois la violence que sa sensibilité lui permettait de relever dans les rapports sociaux des mondes qu’il fréquentait : la mode, le luxe, l’argent, le pouvoir 

Oil TV
Nam June PaikKR

Sculpture

Meuble télévision, bougie. L’oeuvre se présente sous la forme d’un meuble de télévision, vidé de son dispositif intérieur. Dans la boîte, derrière l’écran, luit la lumière d’une bougie vacillante qui se consume, métaphore de l’écoulement du temps. L’appareil cathodique habituellement utilisé pour divertir invite ici à la contemplation et mène à l’introspection.

Le Dernier sommeil de la série Les évasions manquées
Paul RebeyrolleFR

Peinture

Huile, sable et collage de tissu sur toile.

« Je crois que je n’ai pas le choix, dans la mesure où je suis totalement concerné par l’histoire des hommes d’aujourd’hui, ma peinture ne peut pas être autre chose que l’expression de la violence » Paul Rebeyrolle.

Le Dernier sommeil marque l’aboutissement de la série Les Évasions manquées, dans laquelle Paul Rebeyrolle dépeint des corps meurtris, livides, ensanglantés ; brisés par la torture et la détention. La violence du propos trouve un écho dans la puissance expressive avec laquelle l’artiste a traité la figure placée au centre de la toile. Cette dépouille charnelle est magistralement enlevée dans l’épaisseur des blancs, souillés de rouge et dans les transparences du tissu imbibé de peinture qui lui tient lieu de vêtement. Si, sur le plan plastique, comme l’indique le peintre, le jaune des souliers, au premier plan, « sert de point de tension, en contrastant avec le noir du fond et le blanc des chairs », il fallait également « que l’on sente que ces chaussures étaient l’image d’une perte de moyens.

On a enlevé à l’homme une prothèse utile, on l’a privé d’un élément qui, de manière générale, l’aurait aidé à foutre le camp. Si graves et dramatiques soient-ils, les sujets traités par Paul Rebeyrolle – la politique, la guerre, les injustices de notre temps – ne sont cependant pas abordés au détriment de l’acte de peindre. Ainsi qu’il le résume : « Dans leur conception, Les Évasions manquées, c’est la douleur du monde. Dans l’exécution, c’est le plaisir de la peinture ». « Obsession de la peinture et obsession de l’histoire contemporaine se chevauchent chez moi totalement.»